Le testament olographe d'une personne décédée le 14 mars 2001, daté du 25 août 1993, déposé chez un notaire, désignait une fondation comme
légataire universel.
Le 7 juillet 2004, la fondation a signé, au profit de tiers, une promesse de vente ayant pour objet un immeuble figurant à l'actif de la succession. Invoquant l'existence d'un testament postérieur daté du 7 mai 1999, l'instituant légataire de l'immeuble objet de la promesse de vente, Mme A a intenté une action en justice contre la fondation.
La Cour d'appel a ordonné la délivrance à Mme A du legs du bien immobilier. En effet, la Cour d'appel a constaté que, dans une attestation datée du 13 octobre 2007, l'ancien avocat de Mme A certifiait que l'original du testament du 7 mai 1999
ainsi qu'une copie certifiée par le mari lui avaient été remis respectivement les 7 mai et 7 juin 1999, et qu'ayant quitté le barreau de Paris pour un autre, il n'a pas emporté le dossier qui
la concernait.
La Cour d'appel en a déduit « qu'il est suffisamment établi que [la demanderesse] était dans l'impossibilité de produire l'original du testament qui a été
égaré par son ancien conseil, ce qui constitue un cas fortuit » et « qu'en application de l'article 1348, alinéa 2, du Code civil, il peut être rapporté la preuve du legs par la
photocopie du testament qui en constitue la reproduction fidèle et durable et que celui-ci remplit les conditions de validité de l'article 970 du Code civil ».
La Cour d'appel a considéré d'une part, que le testament du 7 mai 1999, qui lègue l'immeuble à la demanderesse et une certaine somme à la fondation, annule celui du 25 août 1993, et d'autre part que « l'original du testament n'a pu être repris par la testatrice, dès lors que cet avocat certifie l'avoir eu en sa possession après le décès de celle-ci ».
La Cour de cassation a annulé l'arrêt en considérant que « les motifs pour lesquels l'original du testament ne pouvait être représenté n'étaient pas constitutifs d'un cas fortuit ou d'une force majeure ».
(Cass. 1re civ., 12 nov. 2009, n° 08-17.791 et n° 08-18.898, FS-P+B+I)


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